Bio-bibliographie

26 février 1920. Naissance de Gisèle Prassinos à Istanbul dans une famille grecque dont le père, Lysandre Prassinos, professeur de littérature est directeur d’une revue , Logos.

1922. Contraints de s’exiler, à cause de la guerre gréco-turque, le père, la mère, Victorine, deux tantes, Clotilde et Marie, le frère, le futur peintre Mario Prassinos, ainsi que la grand mère et son compagnon, « le faux grand-père français », s’installent dans la banlieue parisienne, à Puteaux puis à Nanterre.

La vie est matériellement difficile: Lysandre Prassinos dessine des clous pour des catalogues; les femmes font des travaux de lingerie et de couture. Mais la maison familiale reste le lieu de la culture et de l’art, fréquentée le dimanche par les anciens élèves du père venus en France. L’été, on se transporte à l’Ile fleurie, sur la Seine. Dans la tradition orientale, les activités intellectuelles sont l’apanage des hommes: le père érudit, peintre et écrivain, transmet l’héritage spirituel à son fils sans se préoccuper , dans ce domaine, de sa fille, qu’il adore, dit-elle, «  comme un petit chat ». Cependant, une complicité profonde associe le frère et la soeur dans des jeux où s’annonce un compagnonnage de création qui

ne se démentira jamais. La jeune Gisèl55 découvre le monde magique de l’art qui abolit les clivages de l’âge et du sexe. Un jour de désoeuvrement, elle se met à écrire ce qui lui passe par la tête sur une carte de couleur: sans le savoir, elle vient d’entrer en littérature.

1934. Mario trouve ce premier poème et, avec son ami, Henri Parisot, le montre à Breton qui voit, dans les textes spontanés et ludiques de la petite fille, l’expression de l’écriture automatique à l’état pur, telle qu’une femme-enfant peut naturellement la produire. La reconnaissance de la jeune poétesse est rendue fameuse par la photographie de Man Ray montrant Gisèle Prassinos en train de lire ses textes devant le groupe médusé: Breton, Eluard, Péret, Char, Parisot et Mario. Elle est dorénavant l’ Alice II du Dictionnaire abrégé du surréalisme, publiée dans des revues prestigieuses: «La sauterelle arthritique» notamment paraît dans Documents 34 et donne son titre à une plaquette chez GLM en 1935. Cette oeuvre dispersée a fait l’objet d’un recueil Trouver sans chercher en 1974.

1936. Mort du père, suivie de celle de la tante Clotilde. Gisèle Prassinos a déjà perdu sa mère, en 1927. La famille déménage à Paris. Passage bref au lycée Racine puis à Victor Duruy. La grand-mère vient en aide à Gisèle, pour qui l’école est toujours restée un lieu hostile qui l’arrachait à la maison de l’enfance, et consacre ses économies à lui payer des cours de sténodactylographie à l’école Pigier.

1938. Mariage de Mario Prassinos. Gisèle Prassinos exerce divers emplois précaires et difficiles à trouver en tant qu’étrangère: écrivain d’horoscopes pour un mage bientôt arrêté pour fraude fiscale, coursière d’une maison de dictaphones, jardinière d’enfants dans une école Decroly-Montessori, comptable d’une entreprise de vente de bouteilles vides, sténo-dactylo dans une entreprise de machines à laver industrielles.

 

1949. Mariage avec Pierre Fridas, grec originaire d’Alexandrie. La grand-mère et la tante Marie habitent avec le couple.

En 1953, sur le chemin du retour après son travail dans une galerie de peinture, Gisèle est renversée par une voiture; accident sans gravité mais qui incite son mari à lui enjoindre de rester à la maison pour se consacrer à l’écriture.

 

1958. Après une longue période de tâtonnements, la traduction d’oeuvres de Nikos Kazantzaki, en collaboration avec son mari, lui montre la voie du roman. Depuis la fin des années 30, l’inspiration automatique s’est tarie et les surréalistes l’ont abandonnée. Alice II pouvait-elle grandir? Ils ignoreront toujours l’oeuvre ultérieure.

 Le retour à l’écriture se fait par Le temps n’est rien qui inaugure une série de romans d’inspiration autobiographique, close par Le grand repas en 1966; l’artiste, annoncé par les dessins de la période surréaliste, se révèle dans son   «artisanat », dont le ludisme favorise l’audace .

De 1968 à 1988. Gisèle Prassinos confectionne, parallèlement à la publication de nombreux recueils poétiques, des personnages en bois et surtout des tentures en tissu et feutrine. L’impulsion de cette période est liée à l’apparition du personnage de Brelin le Frou, artiste imaginaire, éponyme d’un récit paru en 1975, chez Pierre Belfond, où sont étroitement associés textes et images.

Mon coeur les écoute, en 1982, recueil de textes en prose, illustrés de dessins de l’auteur, peut être lu comme un autoportrait.

A partir de 1986, poésie et artisanat font place à l’art de la nouvelle, dans lequel Gisèle Prassinos s’était déjà illustrée en 1961 avec Le cavalier. Le dernier titre en date est La table de famille.

Depuis 2001, elle se tourne à nouveau vers le dessin.


Bibliographie sommaire

Contes et récits.

La sauterelle arthritique. GLM, 1935. Préface de Paul Eluard. Photographie de Man Ray.

Le feu maniaque. Sagesse, 1935.

Une demande en mariage. GLM, 1935. Dessin de Hans Bellmer.

Quand le bruit travaille. GLM,1936. Dessin de Hans Bellmer.

La lutte double. Parisot (Collection «Un divertissement »), 1938.

Une belle famille. Parisot (Collection «Un divertissement »), 1938.

La revanche. GLM, 1939.

Sondue. GLM, 1939 .

Le feu maniaque. Robert J.Godet, 1944.

Le rêve. Fontaine, 1947.

Trouver sans chercher. Flammarion (Collection L’âge d’or), 1976.

Brelin le frou. Belfond, 1975.

Mon coeur les écoute. Dessins de l’auteur, Liasse, 1982. H.B. Editions 1998.

Poèmes

Facilité crépusculaire. Debresse, 1937.

L’homme au chagrin. GLM, 1962.

Les mots endormis. Flammarion, 1967.

La vie, la voix. Flammarion, 1971. Prix Louise Labé, 1972.

Petits quotidiens. Commune mesure, 1974.

Pour l’arrière saison. Belfond, 1979.

Le ciel et la terre se marient. Editions ouvrières, 1979.

Comment écrivez-vous? Folle Avoine, 1985.

L’instant qui va. Folle Avoine, 1985. Avec une gravure de Mario Prassinos.

La fièvre du labour. Motus, 1989.

 

Romans

Le temps n’est rien. Plon, 1958.

La voyageuse. Plon, 1959.

La confidente. Grasset, 1962.

Le visage effleuré de peine. Grasset, 1964.

Le grand repas. Grasset, 1966.

Nouvelles

Le cavalier. Plon, 1961. Prix de la nouvelle.

Le verrou. Flammarion, 1987.

La lucarne. Flammarion, 1990.

La table de famille. Flammarion, 1993.

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